Monsieur Ruellan, nouveau proviseur du LFM se présente

  • D’où venez vous ?

J’arrive de Nouvelle Calédonie, très loin d’ici où j’ai passé 15 ans.

  • La météo doit être différente ?

Oui, très différente, car la Nouvelle-Calédonie jouit d’un climat subtropical mais je m’acclimate…il suffit de se couvrir

  • Quand êtes-vous arrivé à Moscou ? cela vous plaît ?

Je suis arrivé le 24 Août et j’ai pris mes fonctions le 27 août, ça fait donc un peu plus d’un mois que je suis à la tête du LFM.

Je me plais beaucoup aussi à découvrir la ville de Moscou, son environnement. Le climat n’est qu’une péripétie !!

  • Quelles sont vos premières impressions sur le lycée ?

Je trouve un lycée en parfait ordre de marche, ce qui pour un chef d’établissement est un point très positif. Les équipes, à tous les niveaux, sont engagées dans leurs missions professionnelles et ont le sens de l’élève.

L’élève est placé au centre de la vie quotidienne et de la mission de chacun, en particulier des équipes pédagogiques. Je suis ravi de ce que j’ai découvert.

De plus, les résultats aux examens, DNB ou Bac, sont à un niveau d’excellence qui est remarquable. Il va falloir le faire vivre dans le futur. Je ne suis pas inquiet, car nos élèves me semblent très engagés dans leur scolarité, très bien accompagnés par les équipes, et soutenus par les familles … Nous avons le cocktail idéal pour atteindre la réussite scolaire. J’ai beaucoup insisté sur cette question auprès des élèves du LFM, car la réussite c’est la réussite au baccalauréat mais aussi la réussite d’études après le bac que ce soit dans le système français ou dans un autre système.

Pour l’immense majorité de nos élèves, j’estime que les études ne s’arrêtent pas au niveau du Bac mais qu’il y a nécessité de construire un projet ambitieux d’études supérieures.

  • Quels sont les autres établissements où vous avez travaillé ?

J’ai commencé ma carrière de direction à St Cyr Coëtquidan. Cet établissement accueille 30% d’enfants de militaire ce qui me permet de faire une relation avec le LFM, car expatrié à Moscou ou militaire de passage à Coëtquidan, dans tous les cas cela veut dire une mobilité géographique plus ou moins fréquente. Cela a une incidence sur les progressions pédagogiques dans les classes.

Ensuite, j’ai eu la chance et même un l’honneur de diriger un gros lycée professionnel (1200 élèves) commercial et hôtelier avec restaurant d’application ouvert au public tous les jours le midi et deux fois par semaine le soir…

Et pour finir, mon dernier poste était un lycée général et technologique important (1900 élèves) avec la particularité d’avoir 500 élèves en post bac soit en BTS ou classes préparatoires aux grandes écoles littéraires (c’est à dire Hypokhâgne et Khâgne qui préparent au concours de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon.)

Ce lycée a beaucoup de similitudes avec le LFM non pas parce que c’est le lycée historique, phare, de la Nouvelle Calédonie mais parce qu’il accueille des jeunes gens qui eux aussi réussissent très bien scolairement au bac puisque les résultats au bac général étaient 96-97% pour une masse d’élève en terminale de 450 … quand on arrive avec ce niveau-là de réussite c’est que le public est très investi.

C’est là ou je fais le parallèle avec le LFM

  • Que souhaitez-vous apporter au LFM ?

C’est de continuer l’œuvre débutée depuis longtemps dans cet établissement.

C’est de promouvoir l’excellence, car elle est réelle au LFM mais en lui donnant un relief particulier en termes d’orientation vers l’enseignement supérieur. Il me semble que c’est un point de passage obligé.

Tout en promouvant l’excellence, on doit pouvoir aussi accompagner des élèves en difficulté à un moment donné. Derrière l’excellence se cache parfois des difficultés individuelles qu’il faut savoir accompagner en faisant des différenciations pédagogiques, des parcours adaptés…

Il y a de beaux projets qui sont déjà au programme de l’année. Ma mission sera d’accompagner et soutenir ces projets. Je pense évidemment à la semaine des lycées français du monde, à la semaine des langues, et aussi aux jeux de l’EPS qui auront lieu dans notre établissement au mois de mai. Ce sera une belle manifestation qui va demander beaucoup d’implications de l’établissement et qui en demande déjà beaucoup de l’équipe EPS, investie déjà depuis l’année dernière à la préparation de ces jeux de l’EPS.

Quant aux grandes orientations, on aura le temps d’en parler avec les équipes … Mais vraiment, je crois que le plus important est la continuité dans l’excellence avec à l’horizon de 2021 une modification architecturale suite à la livraison des nouveaux bâtiments. Cela nous permettra d’être plus à l’aise dans nos locaux et d’avoir des espaces pédagogiques encore plus adaptés à nos besoins.

  • Que souhaitez-vous dire aux élèves du LFM ?

Le message c’est celui que j’ai porté auprès d’eux à la rentrée ou dans les jours qui ont suivis : c’est de maintenir ce niveau d’excellence qui est décrit chez eux.

Cela suppose de bien commencer l’année scolaire, de ne pas prendre de retard dans son travail personnel et de faire un effort individuel même quand on est un bon, un très bon élève…

C’est de toujours avoir la volonté d’élever son niveau personnel …pour réussir le mieux possible les examens. Je suis désolé de le répéter mais il faut se préparer à réussir le mieux possible l’enseignement supérieur, car c’est un milieu extrêmement concurrentiel…

On peut être bon élève au LFM et ne pas forcement être pris dans la formation qu’on a demandé en priorité, car il y a de la concurrence avec d’autres bons élèves d’autres établissements… Plus on est allé loin dans l’élévation de son niveau personnel en terme de performance scolaire, plus on a mis de chance de son côté d’obtenir l’orientation pour l’enseignement supérieur qu’on souhaitait… La priorité absolue c’est la réussite scolaire mais ça ne veut pas dire pour autant qu’on  doit abandonner ses autres centres d’intérêts…pratiquer du sport, des disciplines artistiques , s’intéresser à la culture, avoir une vie sociale et personnelle riche et épanouissante, sans perdre de vue que le choix de la scolarité doit passer avant.

Je sais que c’est un discours qui est tenu à la maison : « élève ton niveau et sois épanoui par ailleurs » …ce n’est pas simple à 15 -16 ans de hiérarchiser ses priorités avec toutes les tentations numériques à travers les réseaux sociaux ou les jeux en lignes, et les tentations d’une grande capitale internationale comme Moscou qui offre aussi beaucoup de divertissements …

 

 

 

Interview Réalisée par Anne Delahoutre

Chargée de communication